09/11/2012

Forum des Associations et Fondations à Paris

La culture de la redevabilité... n’est pas encore entrée dans la culture française

Évaluation,redevabilité,transparence,humanitaire,développement,donateurs,bailleurs de fonds,société civileJeudi 25 octobre 2012, l’association Une Option De Plus était représentée au 7ème Forum des Associations et Fondations à Paris.

Compte tenu d’un panel large de conférences et d’ateliers, mon attention s’est portée sur les sessions relatives à l’évaluation de projets, l’évaluation de l’action associative et la conception d’un document unique d’évaluation. 

Au cours des conférences et des interventions, s’est dégagé le sentiment que, pour certaines associations, le processus d'évaluation est considéré exclusivement comme une condition d'attribution des financements, et non comme un outil permettant l’amélioration des pratiques, l’apprentissage et la promotion de la transparence de l’utilisation des fonds.

L’évaluation comme outil d’apprentissage continu

Jean Lapègue, référent Secteur Eau Assainissement Hygiène à la Direction Scientifique d’Action Contre la Faim (ACF), a souligné, lors de la conférence intitulée “L'évaluation de l'action associative: comment éclairer le donateur?” qu’il existe une réticence de la part des associations à évaluer ou à être évaluées. Pour Lapègue, aujourd’hui, la généralisation des systèmes d’évaluation doit passer par des mesures coercitives en cas de non-respect, afin de s’imposer comme une partie nécessaire de la culture de l’action associative.

Au sein d’ACF, l’évaluation s’est développée grâce à l’influence de leur filiale anglaise. Chez d’autres associations, c’est l’exigence des donateurs, l’Union Européenne par exemple, qui en est à l’origine. Pour Lapègue, l’important est que le mouvement en faveur de l’évaluation ne soit pas isolé, et que l’évaluation soit considérée comme un outil au service d’une communauté qui démocratise les savoirs, en faveur de l'apprentissage actif et constant.

es à adopter.Le réseau d'apprentissage actif pour la redevabilité et la performance dans l'action humanitaire (Active Learning Network for Accountability and Performance in Humanitarian Action - ALNAP) constitue un bon exemple: il repose sur une plateforme visant à améliorer les performances humanitaires grâce au renforcement de l'apprentissage et de la redevabilité, à travers l’échange des leçons tirées de l'expérience, en identifiant les problèmes courants et, le cas échéant, en favorisant le consensus au sujet des approchapproches à adopter.

Photo: Association "Una Luz en tu Vida"

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Les donateurs, seuls concernés par l’évaluation?

Les destinataires principaux des évaluations sont les donateurs et les bailleurs de fonds (fondations, agences et organismes publics, etc) mais aussi, la communauté internationale (pour l’amélioration des pratiques dans cette orientation d'apprentissage continu), et les institutions et organismes locaux partenaires. Mais, en réalité, les destinataires les plus importants des évaluations sont les bénéficiaires des projets eux-mêmes. Une restitution de l’évaluation permettra le renforcement de l’empowerment local, la résilience et la prise en charge par la suite de l’initiative de manière durable.

Les associations peuvent-elles débattre des conclusions issues des évaluations avec les donateurs personnes physiques?

Dans le secteur de l’évaluation, la socialisation des résultats et la communication avec les donateurs personnes physiques s’avèrent souvent peu développées.

Les participants au débat sur “L'évaluation de l'action associative: comment éclairer le donateur?” sont tous tombés d’accord sur le principe de communiquer aux donateurs de manière claire et compréhensible.

François Grunewald, directeur général et scientifique du Groupe URD (Urgence, Réhabilitation, Développement), a évoqué les limites de la transparence, qui peut mettre en danger les gens dans certaines situations, par exemple dans des contextes de crise humanitaire, c’est à dire, quand des informations confidentielles ne peuvent pas être diffusées parce qu’elles pourraient mettre en danger les bénéficiaires. Mais il a également souligné que “ tout peut être débattu et discuté avec les donateurs”.

Quelles possibilités d’évaluation pour les petites associations?

Enfin, pour les petites associations, la mise en place d’une culture de l’évaluation passe par un esprit critique,  une capacité à se remettre en question, ainsi que par la mise à disposition de l’information, et le partage de pratiques.

Faisons-nous ce qu’il faut? Comme il le faut ? Voilà des questions que devraient commencer à se poser les responsables des petites associations pour commencer à s'inscrire dans une culture plus “évaluative”.

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Cette note a été rédigée par Barbara BLAY, Service Civique, au sein d' Une Option de Plus

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